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Honoré Jean

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Marie-Madeleine, Pécheresse pardonnée

Ce récit de l’Évangile évoque la déconcertante rencontre de Marie-Madeleine et du Christ ressuscité au matin de Pâques. Le dialogue entre l’une et l’autre est plus déconcertant encore.

D’un côté, une femme, jeune encore, toute éplorée dans le deuil de Celui auquel elle doit tout. De l’autre, l’homme du troisième jour, dont la résurrection ajoute à son mystère.

Marie de Madgala est venue seule au tombeau. Seule pour porter sa douleur et pour revivre le passé. L’homme qui a été enseveli est celui qui a changé sa vie. Il l’a délivrée de sa nature inquiète et exaltée, toujours insatisfaisante de bonheur, esclave de son désir et de ses amours toujours recommencée.

Près de lui, elle a trouvé la sérénité du coeur et la paix intérieure. N’a-t-il pas dit que tout lui était pardonné parce qu’elle avait montré beaucoup d’amour ?

Ce changement qui s’est opéré en elle, à la fois dans ses appétits charnels et ses tendresses coupables, lui a ouvert un chemin de grâce et de lumière.

Comme l’épouse du Cantique, elle ne peut détacher de son souvenir, de sa pensée et de son affection celui qui est devenu son bien-aimé : « Sur ma couche, dans la nuit, je cherche celui que j’aime. Je le cherche et ne le rejoint pas ».

Mais tout n’est-il pas fini désormais ? Il ne reste plus que cette blessure au fond de l’âme qui la fait gémir au tombeau, et pleurer, pleurer encore.

Qui, s’il ne l’a éprouvée, pourra dire la souffrance d’un coeur brisé, l’amertume des larmes sur un visage défiguré ?

A l’extrémité de la détresse, se répond l’extrémité de la douceur et du pardon.

Il y a beau temps déjà que Marie se sait pardonnée. N’a-t-elle pas suivi Jésus en Galilée et jusqu’à Jérusalem où elle est montée au Calvaire pour rester, elle aussi, au pied de la Croix ?

Mais le pardon qui était hier pour elle consentement du Christ à sa présence, prend en ce matin de Pâques un autre visage, celui de la confiance.

Marie entend la première l’annonce du dernier mystère : « Ne me retiens pas. Je ne suis pas encore monté vers mon Père ».

Elle reçoit la mission de le révéler aux Apôtres : « Va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, et vers mon Dieu qui est votre Dieu ».

Investie de cette révélation qui est aussi pour elle un double appel, celui de la foi et celui de la mission, Marie-Madeleine ne peut plus douter ; non pas de son pardon, mais de l’absolu de l’amour du Christ pour elle dont le pardon était le gage.

C’est parce qu’elle reconnaît en Jésus le Fils de Dieu qu’elle reconnaît la puissance de la grâce qui l’a convertie et la souveraineté d’une présence qui n’était pas celle d’un homme, mais du Fils de Dieu.

De cette rencontre et de ce dialogue de Marie-Madeleine et du Ressuscité, je vous invite à retenir la forte leçon.

Il nous faut renouveler notre foi en la compassion et la miséricorde du Seigneur. Nous savons nos faiblesses et nos fragilités, nos manques de résolution et de confiance. Nous sommes pécheurs et nous le savons. Nous ne méritons pas le pardon qui est toujours un passage de grâce et de lumière dans nos vies.

Nous admirons Marie-Madeleine. Nous admirons les saints.

Sachons nous en convaincre. Les saints eux-mêmes, comme Marie de Magdala, sont des pécheurs pardonnés. Madeleine n’a pas été pardonnée parce qu’elle était sainte. Elle n’est sainte que parce qu’elle a été pardonnée.

Amen.

Références bibliques :

Référence des chants :

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