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Marsset Philippe

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Rien… Rien que ce qui pourrait permettre aux hommes d’aujourd’hui d’être touchés et rejoints par ce récit d’hier.

Car c’est un récit historique, qui s’est vraiment passé à Jérusalem, en l’an 30 ou 31 de notre ère mais qui veut nous toucher, nous «brûler le coeur» dans ce que nous vivons, dans notre manière de croire en Dieu, de penser Dieu, de dire Dieu aujourd’hui.

En fait, il n’y a pas un mais trois récits dans ce que nous venons d’entendre.

Celui qui décrit l’événement. Ce récit, écrit par saint Luc pour que les générations, 20 siècles après, sachent encore ce qui s’est vraiment passé et ne brodent pas leur propre récit, n’édulcorent pas la vérité. Ces évènements se sont bien déroulés. Tout le monde, dans ce procès, a livré Jésus :
Judas le livre au Sanhédrin.
Le Sanhédrin le livre aux Romains.
Pilate le livre à Hérode.
Hérode le redonne à Pilate.
Pilate le livre à la foule
Et la foule le livre à la mort.

Tout cela s’est effectivement déroulé «sous Ponce Pilate» comme on le dit dans le Credo. Ce niveau de lecture est presque seulement informatif. Il n’appelle pas comme tel notre foi.

Le deuxième niveau est plus caché. Il appelle directement notre adhésion de foi. Jésus n’est pas seulement livré aux hommes, il se livre lui même : «ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne…». Il a consenti à se livrer. Il est bien libre dans cette apparente absence de liberté car son Père et lui écrivent comme une deuxième histoire dans l’histoire de cette livraison : ce n’est pas l’extérieur – les événements – qui guident Jésus, c’est son intérieur, son consentement, sa fidélité au Père. Avant même que Judas ne sorte pour le livrer, Jésus a livré son corps et son sang. Ni Judas, ni Pilate, ni personne ne pourront prendre ce qu’il a déjà donné. Cette lecture du récit est déjà pour nous, un acte de foi.

Et il y a un troisième degré de lecture. Celui par lequel cet immense récit rejoint ma condition humaine personnelle : de ce que je viens d’entendre, qu’est ce que je retiens ? Quelle phrase ? Quelle attitude du Christ ? De toutes ces paroles, laquelle est pour moi ? De tous ces silences, lequel est pour moi dans la situation où je me trouve aujourd’hui et maintenant ? Car ce récit est écrit pour me saisir.
Saisir mon histoire pour la mettre dans l’histoire du Christ.
Saisir mes souffrances pour les traîner jusqu ‘à la Croix du Fils bien Aimé.
Saisir mon désespoir pour le glisser dans cette incroyable parole d’espérance du Christ au brigand : «ce soir tu seras avec moi dans le Paradis».
Saisir ma solitude pour rencontrer celle du Christ et être deux.
Saisir mon mal, mon péché pour l’enfouir dans cet acte rédempteur, sauveur du Fils de Dieu .
Saisir mes incapacités à pardonner pour participer au pardon inconditionnel de Jésus.

Oui, tout cela peut se réaliser dans ma vie. C’est même la grâce de la Semaine Sainte qui commence. Laisser s’unifier en moi ce que nous célébrons en 3 jours.
Jeudi Saint : «ceci est mon corps» : sur l’Eucharistie.
Vendredi Saint : «ceci est mon corps» : sur la croix.
Dimanche Saint, Pâques : «ceci est mon corps»… ressuscité.

L’Eucharistie que nous célébrons est la simple actualisation de ce mystère de rédemption unique. L’Eucharistie, c’est Jérusalem chez nous, c’est Emmaüs chez nous.
L’Eucharistie unifie hier et aujourd’hui :
Sa vie donnée pour notre vie.
Ma vie sanctifiée par Sa vie.

L’Eucharistie place l’énigme de ma condition humaine dans le mystère de cet acte rédempteur. Ma petite vie se greffe sur Sa vie.

Ainsi, nous ne fêtons pas «les rameaux» aujourd’hui, au sens d’une fête : nous recevons les rameaux. Nous les recevons comme un signe pour qu’ils soient exposés dans les murs de notre maison, derrière un crucifix, une icône pour que tout ce que nous vivons dans cette maison, dans notre «chez nous» participe à cette acclamation «Hosanna, au Fils de David». Toute notre vie est ainsi exposée à la vie du Christ.

La vie de ceux que nous aimons.
La vie de ceux qui nous ont quitté.
La vie de ceux que nous n’aimons plus : toutes nos histoires humaines…

Elles se récapitulent dans cette histoire où Dieu a pris la condition humaine. C’est pour cela que nous appelons cette semaine, Sainte, parce qu’elle donne un sens aux 51 autres semaines de notre quotidien.

Laissons nous saisir par cette Histoire sainte : tout commence… tout s’accomplit.

Références bibliques :

Référence des chants :

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